De nombreux jeunes des banlieues françaises ou de certains quartiers des grandes villes se sentent comme mis à l’écart de la société. Il existe de nouvelles normes et pratiques culturelles qui forment une nouvelle identité communiquée par une sorte d'argot moderne appelé "langage des cités". Ces jeunes utilisent cette langue comme un moyen de protester contre la culture dominante et ceux qui les excluent.

Un langage exclusif aux bidonvilles

Le langage des cités est considéré comme une sous-culture par la société, mais tout chez ces jeunes montre qu'ils visent à communiquer une contre-culture. Le site MegaDico propose de rendre les expressions de ce langage accessible à tous. Pour de nombreux linguistes, le vocabulaire des villes est limité. 

Il est construit sur des clichés, de l'argot et de l'exagération. La langue semble réduite à fonctionner selon une focalisation sur les mots et les expressions. Elle est aujourd’hui réduite à être un code et non plus une langue du fait de l'identification des jeunes des cités aux formes linguistiques qu'ils utilisent.  La volonté d'affirmer une identité collective est à la base de tous ces processus, conscients ou inconscients.

C’est une façon d’affirmer leur identité

Le fait de malmener le français officiel que l'on a acquis à l'école ou le français de la société "incluse", implique en quelque sorte l'affirmation de l'exclusion par l'utilisation d'une langue hermétique aux étrangers. Les jeunes utilisent cette langue pour mettre le français de souche dans la position de l'étranger et de l'Autre. En développant leur propre code, ils ferment hermétiquement leur réseau de communication contre ceux qui sont plus nombreux qu'eux et ne plus être perdants. 

Les jeunes emploient des tactiques centrées sur la réaffirmation du sens de la communauté. Pour eux, la langue sert de refuge, de lieu de retraite vers l'"entre-soi". Elle permet l'affirmation d'un groupe qui a été marginalisé par la société. Ils peuvent échapper à leur morosité et atteindre une stabilité subjective grâce à leur propre langage. 

De plus, leurs différentes productions culturelles ont un impact positif sur la société : les accents des banlieues, les nouvelles tendances musicales et même vestimentaires sont appréciés des jeunes de la classe moyenne et les aident à paraître plus "impliqués" dans la société.